Edition: Du Rocher

Nombre de pages: 321 pages

60%
Note
Résumé: Née dans les années 1980 en Caroline du Sud, Nikki a 2 ans à peine lorsque ses parents divorcent. Son enfance et son adolescence seront jalonnées de souffrances : un beau-père violent et tyrannique, une mère atteinte de maladie mentale, un ami de la famille qui la viole. Nikki se réfugie dans la boulimie, puis c’est l’industrie du mannequinat et ses diktats de la maigreur qui la pousseront à l’anorexie, détruiront encore davantage sa confiance en elle, la plongeant dans la drogue et l’alcool.
Mais Nikki luttera pour sa survie. Dans l’enfer du mannequinat retrace le combat d’une femme courageuse et déterminée à briser le silence qui pèse sur les troubles alimentaires et les abus perpétrés par l’univers de la mode.

Merci à l’édition du Rocher pour ce témoignage  

Mon avis: Nikki retrace son passé pour nous. De sa jeune enfance, jusqu’à sa réussite dans le milieu de la mode, elle nous dit, nous raconte tout, n’oublie aucun détail sombre ou glauque. Une ode à la maigreur dont elle dénonce les sombres côtés…

Très jeune, la petite fille qu’est Nikki traverse des périodes difficiles. Une rupture de ses parents, un beau-père trop sévère, un ami de la famille pédophile. Tous ces éléments empêche un équilibre sain dont a besoin chaque enfant. A la place, elle développe de la boulimie. Elle ne se sent bien que lorsqu’elle a le ventre plein à craquer, qu’elle est prête à en être malade.

C’est d’ailleurs le processus qui se met en place : dévorer tout ce qui lui tombe sous la main en un temps record, avant de se faire vomir pour être sûre de ne rien garder.

L’idée d’être mannequin germe très vite, et c’est alors la recherche d’une reconnaissance qu’elle s’efforce d’acquérir qui la pousse à rentrer dans les mensurations exigées par certaines maisons de mode, la poussant à maigrir toujours plus.

Elle y travaille tellement, d’ailleurs, qu’elle arrive à atteindre le poids de 40 kilos. C’est alors une période de gloire, les photographes ne jurent que par elle, les clients la réclament. Mais une gloire chèrement gagnée, qui la pousse toujours plus loin au bord du précipice.

A travers son récit, Nikki parle bien entendu de cette recherche de la maigreur dans le milieu de la mode. Et ce fait a, à de nombreuses reprises, été montré du doigt par les médias. Effectivement, Nikki nous donne les mêmes informations que ce que les journalistes ont épinglé dans leurs articles.

Au-delà de cet état de choses, elle relate surtout ses problèmes personnels, ceux qui ont engendrés cette déviance morbide. Bien plus que de dénoncer les failles d’un système de société, elle se penche sur son enfance bouleversée et maltraitée.

Je pense que le titre n’est pas forcément bien choisi, au vu de ma lecture. Dans l’enfer du mannequinat… Le problème était présent bien avant qu’elle atteigne son objectif : être top model. Sa boulimie la détruisait déjà bien avant qu’elle n’atteigne les premiers podiums. Bien sûr, les demandes insistantes des managers n’ont pas pu l’aider à aller mieux, à inverser la tendance. Mais ce n’est pas le principal de ce livre.

J’ai un avis mitigé face à ce témoignage. … Evidemment, le récit est bouleversant, et rude à lire. Son histoire est loin d’être anodine. Les problèmes qu’elle rencontre sont trop souvent passés sous silence, et par son travail, c’est un peu de lumière que l’on jette dessus.

Là où cela me dérange plus, c’est la répétition du récit. Je n’ai pas eu l’impression d’avancer dans son histoire, et peut-être est-ce comme cela d’ailleurs qu’elle l’a vécu. Mais décrire les gestes, à maintes reprises, tant et plus, toujours les mêmes, nuit, je pense, au message principal qu’elle a voulu faire passer.

N’importe qui a compris, après la seconde ou la troisième description, le procédé qu’elle utilise lors de chacune de ses crises. Il n’était pas nécessaire, je pense, de le rappeler aussi souvent.

Au final, oui, la voix de Nikki est touchante. Mais non, sa boulimie n’est pas uniquement du fait des agences de mannequins. Oui, son histoire mérite d’être entendue. Mais non, pas avec autant de redondance.

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