Edition: Casterman

Nombre de pages: 360 pages

85%
Note
Résumé: Anouche a échappé au génocide en Arménie ; Jacek est venu de Pologne pour travailler dans les mines du Nord ; les parents d’Angelica ont quitté l’Italie dans l’espoir de lui offrir un avenir meilleur ; venu du Maroc, le grand-père de Chaïma a combattu pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; le père de João a fui la dictature au Portugal. Ning, enfin, a voyagé clandestinement depuis la Chine pour rejoindre sa mère.
Ce livre raconte les mouvements de population successifs qui ont fait la diversité de la France d’aujourd’hui. Depuis 2011, des milliers de personnes cherchent refuge en Europe, fuyant la dictature, la misère ou la guerre en Syrie, en Afghanistan, au Soudan… Il y a parmi eux des enfants qui rêvent ou font des cauchemars, qui sont amoureux ou qui aiment dessiner. Comme nous. Ce nouveau recueil de la collection « Français d’ailleurs » leur donne un nom, une voix, un visage.
Ouverts sur le monde, solidaires et riches de nos différences, nous sommes tous Français d’ailleurs

Merci à l’édition Casterman pour ce voyage éclairant

Mon avis: Jacek est fils de mineur. Il sait ce qu’il veut pour son avenir: descendre dans la mine dès qu’il aura l’âge. Mais ça, c’est compter sans sa mère, qui ne l’entend pas de la même oreille. Et puis, il apparaît doucement qu’il n’y aura bientôt plus assez de travail pour toutes les familles polonaises qui sont venues s’installer ici, en France. De quoi inquiéter toute la famille…

Anouche est une exilée, elle aussi. Elle a survécu à la faim, à la guerre, au massacre. Depuis quelques mois, avec sa mère, elle tente de se reconstruire une vie. Et pour cela, elle veut apprendre à l’école. Mais lorsqu’elle voit que sa mère se rapproche d’un homme de leur communauté, elle n’est pas certaine de vouloir accepter ce nouveau changement, alors qu’il lui reste si peu de son ancienne vie….

Ning arrive en Frane en portant un autre nom que le sien. Il ne doit pas donner le vrai. Et il ne doit pas dire non plus que sa mère vit en France depuis un moment déjà. Elle est en séjour illégal. Et malgré l’envie qu’il a de vivre avec elle, il est obligé de s’adapter au rythme du centre d’accueil dans lequel il vit…

Trois enfants parmi tant d’autres.. Dans ce recueil d’histoires, ils ne sont pas les seuls. Il y en a d’autres qui ont vécu, à différentes époques, des bouleversements incroyables dans leurs vies.

J’avais  lu un autre livre de cet auteur, Kinderzimmer.  Il m’avait bouleversé, parce que l’honnêteté et la façon de relater des choses qui auraient pu être vraies, puisque dans le monde, il y a eu des cas similaires.

J’ai retrouvé cette plume si particulière, mise au service des voix d’enfants que l’on écoute pas assez, dans la vie de tous les jours. Les médias nous interpellent sur les milliers de réfugiés qui ont quitté les bombardements, les guerres, les massacres, les génocides, les conditions de vie plus que déplorables. On sait tous ces gens n’ont plus rien. Mais on s’accroupit rarement à la hauteur des enfants qui ont suivi leurs parents, et parfois même des inconnus qui s’occupent d’eux, pour les entendre nous dire leurs parcours.

Parce que, bien sûr, un adulte ne vit pas une situation catastrophique comme un adulte. Il n’a pas la même vision des choses, n’a pas les mêmes raisonnements. Et pourtant….

Avec leurs yeux grands ouverts, il voient ce qui les entourent. Ils entendent aussi bien qu’un adulte, et en garde de plus profondes séquelles.

J’ai été énormément touchée par ce livre, par les histoires des différents enfants, quelle que soit l’époque dans laquelle ils se trouvent. Chacun, à leur manière, m’ont donné une belle leçon de vie !

Je pense d’ailleurs que, finalement, c’est le but de Valentine Goby : nous réveiller, nous secouer, nous remettre les pieds sur terre.

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