Affichage de 3 Résultat(s)
hommage

Jean Anglade

Jean Anglade

1915-2017

Petite biographie

Né au hameau des Bonnets, commune d’Escoutoux près de Thiers dans le Puy-de-Dôme, Jean Anglade est le fils de Jean (ouvrier maçon) et de Félistine Chaleron (servante), surnommée « Célestine ». Un an après sa naissance, son père est tué pendant la Première Guerre mondiale le 27 septembre 1916 à Cléry-sur-Somme sur le front de la Somme. Sa mère se remarie en 1920 avec un charretier, ce qui amène le jeune Jean « à pousser à la roue souvent, quand le charretier
s’embourbe »
.

Pendant ses congés, alors qu’il est encore élève, Jean Anglade livre du charbon à l’aide d’un âne qu’on lui a confié.


Il se maria le 17 juin 1935 avec Marie Ombret, une institutrice.
Se destinant d’abord à être menuisier, il entra à l’école normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand sous l’influence d’un de ses professeurs de cours complémentaire. Il obtint son premier poste à Thiers puis à Saint-Gervais. Sa condition financière très modeste – et dont il est fier car gage de sa simplicité – l’empêcha de poursuivre des études mais il continua d’apprendre en autodidacte pour devenir professeur de lettres.
Pendant quatre ans, il fit son service militaire dans un corps de météorologie puis il fut mobilisé en 1939 jusqu’à l’armistice. Une fois rentré auprès de sa femme et sa fille, née en 1943, il décrocha en 1947 une agrégation d’italien qui l’envoya d’abord à Tunis puis à Gap et enfin à Clermont-Ferrand où il continua d’exercer son métier d’enseignant et commença celui d’écrivain.

Après des études au cours complémentaire, Jean Anglade entre à l’école normale d’instituteurs de Clermont-Ferrand, et poursuit en même temps de façon autodidacte ses études pour devenir professeur de Lettres.

Dès 1944, il est professeur de français à l’École nationale professionnelle de Thiers (aujourd’hui Lycée Jean Zay).

Il obtient son agrégation d’italien en 1947 puis enseigne cette langue au Lycée Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand de 1949 à 1975.

Carrière

Le registre de l’auteur est vaste : entre biographies (Pascal l’insoumis, Les Montgolfier, Hervé Bazin, etc.), livres d’histoire (La Vie quotidienne en Italie, La Vie quotidienne des immigrés en France – que lui inspira un commis algérien avec qui il livrait du charbon), essais, livres humoristiques, traductions (Le Prince de Machiavel, Le Décaméron de Boccace), recueils de poésie, scénarios de films ou pièces de théâtre, cet écrivain à succès explore tous les genres et est dévenu une référence dans la culture littéraire d’Auvergne mais aussi de la scène littéraire française.

C’est plutôt un auteur discret et apparaît très rarement à la télévision. Cependant, son succès ne se dément jamais lors du rendez-vous littéraire annuel qu’il donne à ses lecteurs à la librairie Les Volcans de Clermont-Ferrand.
Jean Anglade est profondément lié à deux choses : sa terre et sa pratique littéraire. Une terre d’Auvergne riche et mystérieuse, empreinte d’écriture et d’écrivains, qui l’inspira beaucoup. Ainsi il fut proche des autres écrivains auvergnats tels qu’Henri Pourrat, Lucien Gachon, Alexandre Vialatte, Aimé Coulaudon, Marie-Aimée Méraville, Jean-Émile Bénech ou encore Pierre Moussarie.

Ses romans sont de véritables morceaux documentaires pour en apprendre davantage sur l’Auvergne, ses coutumes ou la France de 1940 (le savoir-faire des couteliers, les chiens chaufferettes, la mort au front – la guerre hante Jean Anglade qui fut pupille de la nation). Très renseignées et faisant appel à ses souvenirs personnels ou ses ressentis de jeune Auvergnat, les œuvres de Jean Anglade ne sont pas purement descriptives, elles invitent à vagabonder dans le passé et le présent d’une région vivante et romanesque. Ainsi nous offre-t-il la trilogie thiernoise composée de Ventres Jaunes, À la bonne rosée et Permissions de Mai, sorte de saga des couteliers de Thiers, couvrant près d’un siècle de vie auvergnate. Il retrace l’histoire des Pitelet et de leurs descendants, famille pittoresque qui traverse huit décennies mouvementées de guerres, d’occupation allemande, de révolution estudiantine et de progrès industriels, et autant d’événements personnels ou professionnels, d’intrigues joyeuses ou dramatiques.

Dans son jardin, à Ceyrat, DR Jean AngladeDans Grillon vert, c’est un café-restaurant-hôtel-comptoir populaire du quartier Fontgiève de Clermont-Ferrand qu’Anglade se plaît à dépeindre, avec son lot de bavardages, de rires, de confessions et de clients bien singuliers : Aussoleil l’allumeur de réverbères, le peintre-distillateur Mario Pérouse, Pouett-Pouett le chauffeur du camion Fiat, monsieur Carré retraité de l’état civil, monsieur Conchon-Quinette industriel en confection, Jean Desvignes, que l’on dit fou comme une chèvre, Amandine, institutrice chauve ou encore monsieur Hébrard, professeur d’anglais, qui prétend avoir épousé une Ecossaise pour avoir un dictionnaire jusque dans son lit.
Servis par une langue savoureuse, un mélange d’humour et de bon sens, de douce malice et de rude franchise, d’observations pertinentes et de réflexions douces-amères, les romans de Jean Anglade sont hauts en couleur, tout comme ses personnages.

Le style de l’auteur est un gage de plaisir, de découverte, de dépaysement et d’humour mais c’est surtout le charme de son univers romanesque peuplé de personnages profondément attachants et humains qui retient l’attention.
Jean Anglade est parvenu à construire des « types » de personnages (sans jamais tomber dans le caricatural) comme il en existe dans chaque petit village et chaque grande ville de France. Des petites gens rêveurs et courageux aux gentils patrons bienfaisants, des banquiers véreux aux vieilles personnes dans leur solitude au cœur des campagnes, en passant par les femmes ouvrières devenues chef d’entreprises de fruits confits et sans oublier les petits gamins sauvages grandissant en temps de guerre, Jean Anglade évoque aussi bien l’enfance, la misère, la folie, l’enfer que l’amour.
Ce qui force l’admiration du lecteur c’est la justesse de l’écriture de Jean Anglade car les personnages, bien que très différents, sont toujours admirablement décrits. Ses livres rencontrent toujours un énorme succès public.

Jean Anglade est un humaniste avant d’être un auteur et cette connaissance sensible de l’humain lui permet de signer des œuvres toujours authentiques. Il avoue lui-même cette philosophie souriante en disant :

Ma véritable région, ce n’est pas l’Auvergne, c’est l’Homme.

bibliographie: les derniers titres

"J’ai rêvé de beaucoup de choses dans ma vie…"
hommage

Anne Wiazemsky

Anne Wiazemsky est la fille de Claire Mauriac (1917-1992), fille de François Mauriac1, et du diplomate Yvan Wiazemsky (1915-1962), issu d’une famille princière russe, émigrée en France après la révolution de 1917.

 

Ses parents se sont rencontrés à Berlin où sa mère qui s’était engagée à la Croix rouge travaillait au service des personnes déplacées. La rencontre et le mariage de Claire Mauriac et Yvan Wiazemski sont racontés
Le dessinateur de presse Wiaz ( de son vrai nom Pierre Wiazemsky ) sur le plateau de l’emission televisee « On en parle » ( LCI ). Boulogne-Billancourt, FRANCE –
dans son livre, Mon enfant de Berlin. Elle est la sœur de Pierre Wiazemsky, dessinateur de presse connu sous le pseudonyme de Wiaz.
Elle passe une grande partie de son enfance à Genève et à Caracas. La famille rentre en France en 1961, peu avant la mort d’Yvan Wiazemsky. La famille va alors vivre auprès de François Mauriac. Elle racontera l’affection la liant à son grand-père et leurs discussions sur « la littérature, le bien, le mal » mais pas « la religion, un sujet de discorde ».
Anne Wiazemsky est élève d’institutions privées, l’école Sainte-Marie de Passy de 1964 à 1966. Alors qu’elle est en classe de première, elle est présentée à Robert Bresson par Florence Delay, qui a joué le rôle de Jeanne dans Procès de Jeanne d’Arc en 1962. Bresson lui donne le rôle principal de Au hasard Balthazar, qui est tourné pendant l’été 1965.
En 1966, elle est reçue au baccalauréat (en septembre, au rattrapage) et s’inscrit en première année de philosophie à l’université de Nanterre qui a ouvert deux ans plus tôt. Durant l’été 1966, tout en faisant ses révisions, elle fait la connaissance de Jean-Luc Godard et côtoie grâce à lui Michel Cournot et François Truffaut ; elle fréquente aussi Francis Jeanson qui lui donne des cours de philosophie.
Durant l’année 1966-67, Jean-Luc Godard prépare, puis tourne (mars et avril) son film La Chinoise, avec Jean-Pierre Léaud et Juliet Berto, où Anne Wiazemsky joue le rôle d’une jeune révolutionnaire pro-chinoise, Véronique Supervielle.
Á la faculté des lettres de Nanterre, elle se trouve en relation avec Daniel Cohn-Bendit et Jean-Pierre Duteuil ; un tract écrit par eux, appelant au sabotage des examens, est lu par le personnage de Véronique dans le film. À la fin de l’année, peu enthousiasmée par ses études, elle décide d’y mettre un terme sans même se présenter aux examens.
Le 21 juillet 1967, Wiazemsky et Godard se marient à Begnins dans le canton de Vaud, sans publicité (l’assistance est limitée aux deux témoins). La première de La Chinoise a lieu le 2 août au Palais des Papes à Avignon, dans le cadre du festival.
Elle tourne ensuite dans plusieurs autres films de Godard (Week-end, Le Gai savoir, Vent d’est, Tout va bien), mais aussi dans des films de cinéastes comme Marco Ferreri, Alain Tanner, Carmelo Bene, Michel Deville, Philippe Garrel, etc. En 1968, elle joue Odetta, la jeune fille de Théorème de Pier Paolo Pasolini, bouleversée comme toute sa famille par l’arrivée du mystérieux « Visiteur » (Terence Stamp). On la verra dans un autre Pasolini, Porcherie.
Wiazemsky et Godard se séparent en 1970.
En 1971, elle est l’une des signataires du manifeste des 343 femmes qui déclarent avoir avorté, manifeste publié le 5 avril par Le Nouvel Observateur,.
On l’a aussi vue, en 1985, dans un rôle secondaire du film Rendez-vous d’André Téchiné.
Anne Wiazemsky se consacre également à l’écriture, à partir de 1988, avec des récits en bonne partie autobiographiques. Parmi ses œuvres littéraires, Canines publié en 1993, et consacré au monde du théâtre, lui vaut le prix Goncourt des lycéens. Hymnes à l’amour, publié en 1996, où elle évoque son enfance et ses parents, se voit décerner le Grand prix RTL-Lire. Une poignée de gens, publié en 1998, qui évoque les origines russes de sa famille, est couronné du grand prix du roman de l’Académie française.
Elle meurt le 5 octobre 2017, à 70 ans, des suites d’un cancer.

Sa bibliographie

[amazon_link asins=’2070440389,2070425460,2070453871,2070413152,2070393534,2070356531,2070404013,2070107124′ template=’ProductCarousel’ store=’aufildespage-21′ marketplace=’FR’ link_id=’484222f1-acf8-11e7-baba-9148c470e6e7′]

Source