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Romans

Kinderzimmer de Valentine GOBY

“Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?

– Je ne sais pas.

– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.

Mila se retourne :

– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?

– La même chose que toi. Une raison de vivre.”

En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.

Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.

Edition : Actes Sud

Nombre de pages : 220 pages

Mon avis : Suzanne Langlois est perdue. Elle ne sait pas où elle se trouve. Pourtant, elle sait qu’elle doit se taire. Taire son nom, sa grossesse, et sa peur.
Il faut un moment avant qu’elle ne comprenne qu’elle a été déportée dans un camp de concentration, pendant cette affreuse guerre qui fait des ravages.
Avec des centaines d’autres femmes, elle doit répondre à l’appel des dirigeantes du camp, debout dans le froid. Elle doit tenir, elle doit rester concentrer, ne pas bouger.
Elle doit subir les privations, les morts, la puanteur, l’horrible tension qui règne parmi ces femmes. Elle doit apprendre à gérer sa peur, ses émotions, à apprécier les cadeaux si minimes qu’elles peuvent trouver.
Et lorsque la naissance de son bébé s’annonce, elle doit aussi tout faire pour le maintenir en vie. Un course contre la mort elle-même…
Il y a plusieurs années maintenant que je cherche à lire ce livre. A cause des avis que j’en avais lu, du résumé du livre et du sujet traité.
C’est un coup de poing de 220 pages que je viens de me prendre. …
Pour avoir lu pas mal de choses sur cette époque de l’Histoire, j’ai vu, à travers les hésitations de la jeune fille, ce qu’elle décrivait. J’ai comprends le silence qui règne pendant les appels au milieu de la nuit, la faim qui les tenaille, la peur de la maladie qui les envoie à l’infirmerie, lieu de mort assurée.
L’auteur a su, avec des mots pourtant simples, et sans grandiloquence, exprimer tout ce que d’autres n’ont pas su raconter. Elle nous ouvre les yeux, en nous plaçant à la place de Suzanne, nous obligeant à regarder à travers ses yeux à elle, et à voir ce qu’a pu être la vie de ces prisonnières de camps de concentration.
J’ai eu le cœur à l’envers en lisant ce par quoi ces jeunes filles sont passées, ce à quoi certaines ont survécu. Leur vie tient du miracle, et c’est d’autant plus percutant que certains rescapés de l’époque sont REELLEMENT passés par le chas d’une aiguille, et ne doivent leur survie qu’à un infime coup de chance.
C’est un livre vraiment énorme, malgré sa taille si modeste.  Un livre inoubliable…
Points attribués : 10/10
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Romans

Bloc 11 d’Antoni Piero DEGLI

Bloc 11 d'Antoni Piero DEGLI

1944, Auschwitz : le commandant du camp organise un jeu sadique et démoniaque avec dix déportés : il leur donne une nuit pour désigner lequel d’entre eux devra mourir le lendemain. Pourquoi ? Trois prisonniers se sont évadés, et ceux qui restent doivent payer. Quelle sera leur réponse face à cette cruauté poussée à l’extrême ?

Edition: Archipoche

Nombre de pages: 269 pages

Mon avis: En 1944, à Auschwitz, deux prisonniers se sont évadés. En représailles, le dirigeant du camp décide d’un drôle de jeu: Enfermer 10 prisonniers ensemble, et les sommer de nommer l’un d’entre eux avant le matin pour être fusillé.
Mais ces prisonniers sont particuliers, chacun à leur façon. Et dans la situation désespérée dans laquelle ils se trouvent, commence une nuit qui va leur sembler bien longue. Car chacun a de bonnes raisons de désigner un autre co-prisonnier.
Un huis clos haletant, et bouleversant commence dès que les portes du local se referment sur eux..
Je n’aurais qu’un mot: WHAOU!!!
J’ai rarement lu un roman de ce type qui me plaise autant! La dernière fois, il s’agissait d’un roman de Laura Kasischke (et cela date de deux ans tout de même). J’ai littéralement dévoré les pages, quittant le livre difficilement (mais pourquoi faut-il donc dormir, je vous le demande!).
Je m’emporte, mais il y a de quoi. Les personnages, autant du côté prisonnier, que du côté du dirigeant du camp sont vraiment complexes, plein de mystères, qu’ils distillent un peu à la fois. Jamais trop de détails du premier coup. Cela laisse le temps au lecteur de réfléchir, de se poser des questions. De vouloir en savoir plus, finalement.
La mayonnaise prend dès le départ, dès le premier chapitre. Aucun nom donné, un couple de personnes âgées aux traditions plus qu’étonnantes. Et puis un retour dans le passé.. Rien que ça déjà, on est hameçonnés, et on a oublié qu’on avait un repas qui nous attendait, je vous le garantis.
Je pense qu’il s’agit du premier roman de cet auteur, mais je lui souhaite une longue, longue, longue carrière, dans ce style. Je serais curieuse de pouvoir lire autre chose de sa plume.
Je ne veux pas en dire trop sur l’intrigue. Ca ne vous laisserait pas la surprise complète, si vous décidez de le lire. Du coup, pour les curieux, foncez l’ouvrir, vous ne serez pas déçus.

Points attribués: 10/10

Je remercie l’édition Archipoche pour ce roman magnifique.

Il vous tente?

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Young adult

U4: Yannis de Florence HINCKEL

 «Je m’appelle Yannis. Ce rendez-vous, j’y vais pour rester libre. »
Yannis vit à Marseille. Ses parents et sa petite sœur sont morts. Maintenant, il voit leurs fantômes un peu partout – peut-être qu’il devient fou ? Quand il sort de chez lui, terrifié, son chien Happy à ses côtés, il découvre une ville prise d’assaut par les rats et les goélands, et par des jeunes prêts à tuer tous ceux qui ne font pas partie de leur bande. Yannis se cache, réussit à échapper aux patrouilles, à manger…
Mais à peine a-t-il retrouvé son meilleur ami que ce dernier se fait tuer sous ses yeux. Il décide alors de fuir Marseille et de s’accrocher à son dernier espoir : un rendez-vous fixé à Paris…

Edition: Syros – Nathan jeunesse

Nombres de pages: 401 pages

Mon avis: Yannis est marseillais. Jusqu’à il y a peu, il vivait avec ses parents et sa petite soeur. Mais le virus U4 a fait ses ravages, et le voilà aujourd’hui seul au monde. Seul son chien, Happy, lui tient aujourd’hui compagnie.
Désemparé, hanté par ses êtres chers disparus, il ne sait pas quoi faire. Jusqu’à ce que les choses s’enchaînant, il décide de rejoindre Paris, pour aller au rendez-vous donné par Kronos, le 24 décembre.
Le chemin est semé d’embûches, et Yannis a peur. Heureusement, il fera quelques heureuses rencontres.
J’ai davantage apprécié le personnage de Yannis. Plus sensible, plus émotif, plus démonstratif que Stéphane, pour laquelle je n’avais pas vraiment accroché.
Yannis est un adolescent perdu, seul, et touché par la perte de sa famille. Ce qui se rapproche, à mon sens, davantage d’un adolescent jeté au milieu d’un monde post-apocalyptique.
J’ai beaucoup aimé ses réactions, son attachement à son chien, et son grand coeur. Il est touchant, dans chaque instant de son parcours. Il est intuitif, et malgré son émotivité, débrouillard.
Voir l’histoire développée par un deuxième personnage permet de voir les choses autrement, avec d’autres yeux, et d’autres aspirations. Si Stéphane avait un but bien à elle, Yannis, au contraire, pense également à la communauté, au moins de sauver le plus de monde possible.
Vraiment, j’ai préféré ce personnage-ci.

Points attribués: 10/10

Je remercie les Editions Syros et Nathan jeunesse pour cette lecture tout à fait particulière.

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Young adult

U4: Stéphane de Vincent VILLEMINOT

Stéphane vit à Lyon. Son père est absent lorsque l’épidémie se propage et ne laisse presque que des adolescents vivants.
Sachant son père grand spécialiste des maladies, elle espère son retour rapide.
Mais la situation se détériore rapidement, obligeant la jeune fille à rejoindre le lieu de rassemblement des survivants afin d’échapper aux pillards.
Les restrictions se font de plus en plus sentir lorsque que l’hiver arrive. C’est alors que les événements vont s’enchaîner et la contraindre à prendre la route…

Edition: Syros-Nathan jeunesse

Nombre de pages: 390 pages

Mon avis: Stéphane est une jeune fille (malgré le prénom masculin) aux cheveux et aux yeux gris, vivant à Lyon avec son père.
Ca, c’était avant l’épidémie, celle qui a décimé la plus grande partie de la population. Un virus tuant en moins de 48h. Seuls les adolescents de 15 à 18 ans ont survécu. Pourquoi? Nul ne le sait, mais c’est ainsi.
Stéphane, par contre, n’est pas orpheline. Son père, épidémiologiste reconnu, a été embarqué à Paris dès le début de l’épidémie, laissant la jeune fille seule dans leur appartement. Elle est livrée à elle-même.
Heureusement, les choses se sont organisées à Lyon. Un système de ravitaillement est prévu, un lieu d’hébergement, et un hôpital sont mis au point par les adolescents les plus âgés. Mais Stéphane aime vivre selon son idées, peu importe les dangers qu’elle risque. Malgré tout, elle attend son père, espérant qu’il revienne vite.
Les choses s’enclenchent, et Stéphane va bien être obligée de décider d’une marche à suivre…
J’ai fait une expérience particulière. Pendant que je lisais ce tome, mon chéri lisait Yannis. Nous nous disions nos impressions, et quelle n’a pas été notre surprise de voir que, bien que la trame principale soit la même pour tous les deux, les ressentis sont différents.
Pour mon cas, j’ai trouvé Stéphane tout à fait particulière. Elle est très réfléchie, élevée par un chercheur réputé qui lui a appris toutes les premières marches à suivre en cas d’épidémie.
Mais elle aussi solitaire, gardant pour elle ses réflexions, ne se confiant que très peu et voyant les choses de loin, comme si elle ne faisait pas partie d’un groupe. J’ai eu l’impression qu’elle était un peu un personnage observateur, celui qui reste toujours un peu en dehors des actions.
Elle n’a pas de grosses réactions pour ainsi dire. Elle réagit toujours très calmement, ne confiant pas ses raisonnements, et agissant si elle le peut solitairement.
Malgré tout, certains éléments, (non non je ne vous dirai rien, je ne veux pas vous gâcher la surprise) font qu’elle est bien obligée de s’intégrer dans un groupe, bon gré mal gré.
J’adore ce concept de 4 parcours différents pour une même histoire. Il me tarde d’ailleurs de lire les suivants.
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Points attribués: 8/10
Je remercie les éditions Nathan et Syros pour cette lecture particulière.
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Documents

Dora de Jean MICHEL

 Le camp de Dora (également appelé Mittelbau-Dora ou Nordhausen-Dora) était un camp de concentration nazi destiné à la fabrication de missiles V2 pendant la Seconde Guerre mondiale. Le camp de Dora, dépendant du camp de Buchenwald, ouvrit à la fin du mois d’août 1943. Il reçut sous le nom de Dora-Mittelbau un statut de camp de concentration autonome en octobre 1944.
Environ 60 000 prisonniers de vingt-et-un pays sont passés par Dora. On estime que plus de 20 000 hommes y moururent ; 9 000 sont morts d’épuisement, 350 pendus (dont 200 pour sabotage), les autres ont été abattus, battus à mort, ou sont morts de maladie ou de famine1. Ce nombre est deux fois supérieur à celui des Britanniques tués par les V2.
Mon avis: Il faut avoir le coeur bien accroché pour lire ce livre.
L’un des détenus raconte son parcours, depuis son arrestation, jusqu’à son arrivée au camp de travail Dora. Il explique les interrogatoires, les passages à tabac, les privations,…
Il reste extraordinaire malgré toutes les misères qu’ils traversent, ces hommes ont pu créer des liens d’amitié et de soidarité. Les prouesses pour se sortir d’une situation dramatiques, pour arriver à se nourrir et à tenir debout en dépit de tout, cela force l’admiration.
J’ai découvert ce camp, dont je n’avais jamais entendu parler. J’y ai découvert l’existence d’une usine d’armes soutteraine, où le rythme de travail était continu. Jamais d’arrêt, jamais de repos.
C’est affolant de découvrir également que certains dirigeants de ce camp, comme tant d’autres d’ailleurs, ont pu échapper à un jugement, après la guerre. Ils sont restés libres, et ont même parfois réussi à obtenir des emplois haut placés. C’est abherrant et écoeurant.
C’est vraiment un livre à découvrir.
Points attribués: 7/10 
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