Romans

Lily sans logis de Frédérique-Sophie BRAIZE

Edition: De Borée

Nombre de pages: 262 pages

0 %

Résumé: En 1861, depuis la mort de sa mère, la jeune Lily vit seule par les routes, s’occupant comme elle le peut des bébés siamois dont elle a la charge. Parce qu’il faut bien se nourrir, simplement vivre, Lily n’hésite pas à exhiber les bébés dans les foires en échange de quelque monnaie. Un soir, dans une auberge, la jeune fille fait la rencontre d’un médecin, Vincent Genoux. Au matin, les bébés ont disparu. Car le docteur Genoux est un scientifique n’hésitant pas à user et abuser de son statut pour diriger d’odieuses expériences. Avec les bébés de Lily, l’homme voudrait trouver le moyen de pouvoir séparer des jumeaux siamois. Et alors qu’il mène ses expériences dans le plus grand secret, Lily, de son côté, tentera tout ce qu’elle pourra tenter afin de retrouver les bébés.

Merci à l’édition De Borée pour cette découverte 

Mon avis: On l’a surnommée Lily sans logis depuis qu’elle s’est retrouvée à devoir errer de village en village, entraînant derrière elle un Saint-Bernard et un petit charriot hébergeant son gagne-pain: deux bébés siamois. Deux hauts de corps pour une seule partie basse. 

Au hasard de ses errances, elle arrive dans une petite ville sise sur le lac Léman. C’est là que sa vie va basculer… 

Cette histoire est basée sur une histoire vraie. Maria Teresa Parodi met au monde en 1829 deux petites filles liées de la même manière que les bébés de notre histoire.  

Dans cette histoire, on suit autant le chemin de Lily que celui des bébés, baptisés Castor et Pollux. L’histoire est placée en 1860, donc un peu plus tard que le fait réel dont elle s’inspire.  

C’est intéressant de suivre ces deux destinées, puisqu’il nous permet d’avoir deux aspects dans une même trame. 

Rapidement, on réalise que Lily est dénuée de tout. Les seules choses qu’elle possède sont les vêtements qu’elle porte et un petit balluchon contenant quelques colifichets. Pour autant, elle a de la ressource, même s’il est évident qu’elle est épuisée. Il faut dire aussi qu’elle est jeune, 17 ans à peine. Ce qui explique la fragilité qui émane d’elle. Certains n’hésiteront d’ailleurs pas à tenter d’en profiter. Tandis que d’autres lui tenderont une main secourable. 

Le cas des bébés est plus noir. A cette époque, les enfants siamois étaient traités comme des phénomènes de foire. Ils n’avaient pas vraiment d’autres places à prendre dans la société, abandonné par la religion, qui les traitait d’enfants du diable, dès leur naissance. 

J’ai été autant touchée par le parcours de lily que par celui des siamois. C’est rude, froid, et pourtant remarquablement bien écrit. On veut en savoir plus. Il y a peu de fioritures dans ce récit, pas de circonvolution dans les explications. Mais c’est un point positif, puisqu’on va directement à ce qui nous intéresse. 

Je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir cette plume. Elle est incisive, piquante, et l’auteur a su faire preuve d’une belle recherche historique. Ca me plaît beaucoup! 

 

7 commentaires

Donnez moi votre avis

%d blogueurs aiment cette page :