Romans

Une femme juste de Jean-Guy SOUMY

La quête bouleversante de deux femmes liées, chacune, au souvenir d’Hélène, une enfant cachée pendant l’Occupation, dans la Creuse. Un beau roman à deux voix sur le devoir de mémoire, les chemins de résilience, et le portrait d’une juste. 

Années 1980 : après une vie dédiée aux autres, Blanche coule une retraite paisible à Draguignan quand, un jour, une inconnue frappe à sa porte. Et le passé avec elle. Elle s’appelle Pauline, la vingtaine à la dérive, elle souffre de ne rien savoir de l’histoire de sa mère, Hélène, qui vient de mourir. Blanche, elle, la connaît, cette histoire, c’est aussi la sienne : en 1942, elle a sauvé la petite orpheline juive du camp de Rivesaltes, et de la menace nazie. Elle a pu exfiltrer sa protégée et d’autres enfants dans une communauté de la Creuse. Au prix de mille dangers. 

Pauline part avec Blanche dans un pèlerinage sur les traces de sa mère. Ce retour aux sources jalonné de rencontres saura-t-il réconcilier la jeune femme avec l’absente ? Pour Blanche, il ravive le souvenir bouleversant d’une passion secrète…. 

Un beau roman à deux voix sur la transmission d’une mémoire, et le portrait d’une juste. 

Edition: Presses de la Cité

Nombre de pages: 314 pages

9/10

Merci à l’édition Presses de la Cité pour ce touchant récit

Mon avis: Blanche regarde le temps passer par sa fenêtre. Elle est seule, sa vie est faite, son mari décédé. Elle garde de petites habitudes quotidiennes, et lit beaucoup. Mais elle n’attend plus rien. 

Jusqu’au jour où une voiture, conduite par une jeune femme, stationne devant chez elle. Pauline, c’est la fille d’une enfant qu’elle a protégé durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est un choc, tant elles se ressemblent. Pauline est sur les traces de l’histoire de sa mère, décédée depuis peu et dont elle ne connaît finalement pas grand-chose. 

Et Blanche va raconter, lentement, doucement. Elle remonter dans le temps, et faire avec la jeune femme le parcours en sens inverse de celui qui l’a amenée Impasse des Mimosas… 

Au travers des souvenirs de cette vieille dame, c’est l’Histoire avec un grand H qui nous ouvre les portes. L’exil des enfants orphelins durant la Seconde Guerre est bien réel. Et les institutions cachant des juifs tout autant. C’est de cela dont parle ce roman.  

Le sujet est abordé d’une façon tellement douce et apaisante que je n’ai pu m’empêcher de m’installer, de me pelotonner, et de poursuivre ma lecture sans pratiquement la lâcher.  

Le voyage que font ces deux femmes est à la fois triste et poétique. Triste à cause de la période et du thème historique, poétique par la façon de la narrer. Une façon de réveiller des souvenirs, un regard perdu sur une fenêtre mouillée par la pluie. J’ai adoré ce style d’écriture, vraiment. 

La partie romancée, plus personnelle pour les personnages, est elle aussi vraiment agréable. Pas de grands rebondissements, on n’en a pas besoin. Juste les surprises que peut apporter la vie de n’importe qui, qu’elles soient bonnes ou pas.  

J’en ai savouré chaque page, chaque chapitre. J’ai eu l’impression d’être dans un creux du temps, à l’arrêt alors que le monde autour de moi continuait de tourner. Une déconnection de la vie trépidante quotidienne, qui m’a permis de reprendre mon souffle un peu. 

Je ne peux que vous recommander cette lecture. Vous ne sauriez que l’apprécier. 

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