Nocturne pour Stanislas d’Annie DEGROOTE

Romans

Printemps 2004, dans le Nord. En remontant les secrets de sa filiation, la jeune Hania découvre la vie tumultueuse de son grand-père, réfugié polonais en France, et réhabilite sa mémoire bafouée.

« Venez ce soir, vous y entendrez Chopin. »

En acceptant, à Lille, l’étrange invitation d’une inconnue septuagénaire, Hania ne se doute pas des conséquences qu’elle va avoir sur sa vie, et sur celle de ses proches. Il y a tant d’ombres dans l’histoire familiale de cette jeune artiste aux racines polonaises, élevée à Waziers, au coeur du bassin minier. Comme ces silences gênés autour du souvenir de son grand-père Stanislas Dabrowski. Qui était-il ?

Famille éclatée, honneur perdu, exil, chant d’amour de trois femmes…

Tandis que se dévoile peu à peu l’itinéraire de Stanislas, c’est tout un pan de l’histoire de ses ancêtres polonais qui sera révélé à Hania.

Edition: Presses de la Cité Terre de France

Nombre de pages: 315 pages

Mon avis:Hania cherche encore sa voie. Elle veut garder ses origines polonaises, en cela éduquée par sa grand-mère. Ayant grandi avec l’absence de son grand-père, Stanislas, décédé à l’époque de sa naissance, elle aime Chopin, la musique classique en général.
Elle reçoit, un soir, une invitation particulière, et anonyme : « Venez ce soir, vous entendrez Chopin ». Curieuse, Hania décide de s’y rendre. La rencontre qu’elle va y faire va changer toute sa vie !
J’étais plutôt curieuse, après avoir lu le résumé. Des mystères familiaux, j’aime toujours.
L’histoire se passe dans le Nord de la France, dans les contrées des mines, et des corons. A travers la recherche de vérité de la jeune femme, nous remontons dans le temps, au début du XXème siècle. L’auteur retrace alors pour nous le fil d’événements s’étant déroulés à cette période : l’immigration des polonais, engagés en France pour remplacer les hommes tombés à la guerre. Elle nous raconte d’abord leurs difficultés d’intégration, leur installation parfois précaire. Vient ensuite la seconde vague : celle des épouses et des enfants de ces mineurs.
Après une dizaine d’années de travail, et d’acclimatation, voilà que les premières grognes, dues à de mauvais traitements, apparaissent. La lente descente aux enfers est entamée. Les dirigeants des mines ciblent ces polonais et les renvoient, les uns après les autres, dans leur pays d’origine, comme des criminels, leur laissant parfois quelques heures pour plier bagage.
J’ai été énormément touchée par cette partie du roman. Le sort de ces hommes courageux, sous-payés et faisant un horaire impossible à soutenir à long terme, dans des conditions de travail atroces. Parce qu’il faut avouer que le métier de mineur n’était pas le plus facile qui soit. Et on en parle très peu, finalement, dans la littérature. Pourtant, ils ont été plusieurs générations, dans le nord de la France et en Belgique, à être engagé, de père en fils, dans ce dur labeur. L’auteur a su me plonger dans leur univers, qu’il soit au fond de la mine, ou dans les corons. Et que ce soit du point de vue du mineur même, ou de son épouse. C’était un microcosme complet qu’on ne connaît plus aujourd’hui.
A côté de cette partie historique, il y a bien sûr ce fameux secret, à propos de Stanislas. Tellement important, ce secret, que tous détournent la conversation dès que Hania fait mine de s’y intéresser. J’étais impatiente que l’enquête qu’elle mène trouve des indices, des traces, des témoignages. La découverte se fait tardivement, dans ce roman. Heureusement, l’autre partie, historique, compense magnifiquement cette attente. Et puis, la fin de l’énigme est à la hauteur des espérances.
Au final, j’ai lu ce roman très rapidement, parce qu’il est très agréable. Et une fois pris dans la trame, j’ai eu beaucoup de mal à m’en décrocher. En tout cas, c’est un roman que je vous conseille.

 

Je remercie l’édition Presses de la Cité pour cette lecture minière.

 

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