« Les souvenirs de sa jeunesse, aussi délicieux qu’ils soient, ne sont que des images entretenues et peut-être embellies, d’une époque qui a sombré dans le néant du temps. Plus délicieux est d’être ici, maintenant, dans la réalité de son âge, de boire le soleil par tous les pores de la peau, de frémir au souffle du vent; de s’enivrer d’odeurs subtiles; de s’émerveiller des jeux d’ombre et de lumière qui nuancent sans cesse les couleurs; de prêter l’oreille aux sons, en saisir tous les harmoniques et les entendre comme la symphonie qui accompagne la fuite du temps. Il laisse à sa mémoire le soin de diriger ses pas mais lui interdit de troubler par les souvenirs la perception de l’instant. »
Mon avis: Au départ, ça ne paie pas de mine.
Un nègre, lassé de son travail dans l’ombre, décide de prendre le large et d’abandonner le pseudo écrivain qui l’emploie.
Il retourne sur sa montagne natale, loin de Paris et de ses bruits. Il y retrouve son frère, resté toute sa vie dans ce petit domaine préservé.
Evidemment, le pseudo écrivain ne prend pas les choses avec le sourire, et décide d’intervenir.
Si j’y réfléchis bien, l’histoire en elle-même n’est pas extraordinaire, bien au contraire. L’intrigue n’est pas longue, ni hors du commun. Elle n’est pas bouleversante à proprement parler, et ne fait pas palpiter le coeur à cause de suspens.
Mais justement, c’est là qu’intervient la beauté du texte. C’est doux, c’est poétique, ça respire la terre et les ruisseaux, le matin ensoleillé et les cloches des brebis. C’est tout bête, mais les mots m’ont laissé le temps d’imaginer le bruit des volets en bois, la confiture maison sur le pain frais, et les flambées des cheminées.
Voilà, quelque part, tout est dit, et pourtant c’est touchant. Ce livre m’a donné envie de revoir la campagne et le ton bourru des vieux fermiers. Vous le comprenez, j’ai beaucoup aimé.
Une deuxième histoire vient compléter ce récit. Ce n’est pas les mêmes personnages mais c’est aussi bouleversant. Une bande d’anciens hippies, reconvertis en campagnards, se retrouvent mis dehors par un programme de construction, dévastant l’entièreté de leurs maisons. Ils ont tous leurs caractères, mais sont tous particuliers.
Voilà donc un livre qui m’aura plu, de la façon la plus simple.
Points attribués: 7/10
Merci a la societe des ecrivains pour cette lecture campagnarde
 [su_divider]

Donnez moi votre avis

%d blogueurs aiment cette page :