Monica de Michel BERTHOD

Romans

A l’inverse de son frère aîné, Armand, solide et rustre paysan, est revenu vivant des tranchées. Mais son âme est meurtrie par la vision du soldat allemand transpercé de sa baïonnette qui, avant de mourir, lui a transmis comme une aumône la photographie écornée de sa jeune épouse. Dorénavant et pendant de nombreuses années, Armand n’aura de cesse de retrouver cette femme: Monica, pour lui avouer son geste et enfin, espère-t-il, apaiser sa culpabilité et sa souffrance.
Une nouvelle guerre, la Résistance, le maquis n’atténueront en rien son opiniâtreté. Parviendra-t-il à retrouver celle dont il est secrètement devenu amoureux?

Edition: De Borée

Nombre de pages: 409 pages

Mon avis: Armand est un jeune homme calme et destiné à devenir maréchal ferrant lorsque, en 1914, la guerre est déclarée.
Au bout de quatre ans, il revient vivant. Mais son frère aîné n’a pas eu cette chance, et il revient donc à Armand de prendre la relève à la ferme familiale. Cependant, il n’est pas revenu de la guerre sans séquelle. Obligé de tuer un soldat allemand à la baionnette, il se voit confier par cet ennemi une photo. Très particulière, puisqu’il s’agit d’une photo de jeune femme, avec un prénom au dos: Monica.
Armand n’a alors plus qu’une obsession, qui va prendre de plus en plus d’ampleur: Retrouver cette Monica, et lui expliquer ce qui est arrivé.
Peu à peu, il devient solitaire, taciturne, et après la mort de ses parents, se complaît dans son caractère un peu revêche. Son idée fixe l’accompagne, et il fera en sorte d’atteindre son objectif.
Armand m’a émue. Son caractère, bourru et tendre à la fois, est bouleversant. Son humilité, sa honte du geste commis, et ses sentiments refoulés font de lui, au fil des années, un homme livré à lui-même, rêvant d’autre chose. Il se contente des choses simples: un chien pour compagnie, une bonne chasse et un peu de braconnage font son quotidien.
Jusqu’au jour où il se décide à mettre tout en oeuvre pour retrouver Monica.
400 pages qui défilent sans que je m’en sois rendue compte, voilà un beau critère de plaisir de lecture, non? Je n’ai pas vu le temps passer, si ce n’est sur les épaules d’Armand, qui se voûte au fil des chapitres. L’oeuvre du temps est si bien décrite que, pour peu, j’aurais eu l’impression de voir une vie entière en accéléré.
J’ai vraiment passé un bon moment, et si ce n’est pas un coeur, ce n’est en tout cas pas très loin.
Points attribués: 9/10 
Je remercie l’édition De Borée pour cette lecture tendre et rêveuse.
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