Enfant, Alva a assisté à la ruine de son père et à la déchéance de sa famille. Depuis, elle s’est juré de ne plus jamais connaître la misère et de prendre sa revanche sur le destin.

Mais dans cette Amérique du tournant du xxe siècle, tenue d’une main de fer par une bourgeoisie vieillissante sûre de ses privilèges, quelle place pour une femme, certes ambitieuse mais roturière ?

Le mariage, d’abord. À force de manigances, Alva épouse un héritier Vanderbilt et s’assure ainsi une fortune colossale.

L’image, ensuite. Invitations fastueuses, bals extravagants, Alva ne recule devant rien. Et tant pis pour celles qui ne voient en elle qu’une cocotte parvenue.

La couronne, enfin. Alva va trouver sur son chemin la reine de la ruche, celle qui fait et défait les réputations, adoube ou exclut selon son bon plaisir : Caroline Astor.

Pendant trente ans, les deux femmes vont se livrer une guerre qui deviendra légendaire. Et façonner au passage une figure plus moderne de la femme, plus émancipée, capable de s’assumer seule dans le monde, en dehors d’un riche époux volage.

Note : 8 sur 10.

Merci à l’édition L’Archipel et Netgalley

nombre de pages: 334 pages

Alva a juré qu’elle arriverait un jour à entrer par la grande porte dans la bonne société new-yorkaise. Pourtant, elle a de nombreux obstacles qui s’imposent: elle n’est pas issue d’une famille noble, son mari est un nouveau riche (bien que ce soit son grand-père qui ait fait forture), et les Vanderbilt sont considérés commes des “barons voleurs” selon l’expression consacrée. Et puis, il y a Madame Astor, LA madame Astor, reine incontestée de la société new-yorkaise. Elle fait la pluie et le beau temps dans les carnets d’adresses de chacun. 

C’est un combat de moyens, de fierté et de sourires plaqués qui se joue là. Le pot de terre contre le pot de fer? Pas si sûr… Ces deux femmes ont une chose en commun: une ténacité hors pair. 

J’ai toujours été très attirée par la période de l’âge d’or américain. Pour vous placer le décor, il s’agit de la période s’étant écoulée entre 1870 et 1910. La guerre de Sécession est terminée, et le Krach boursier de 1929 est encore bien loin. Durant cette période, les chemins de fer, le pétrole et autres nouveautés industrielles ont créé des fortunes colossales. Ces nouveaux fortunés, ayant grimpé tous les échelons à la force des bras, se heurtent à des descendants issus des familles d’origine ayant bâtis l’Amérique, et qui se targue d’être les seuls pouvant être considérés comme de la haute société. 

Si aujourd’hui, ce genre de situations n’a plus cours, c’était quelque chose de très important pour cette époque. Et qu’on se le dise: si les hommes dirigeaient les affaires, les femmes s’occupaient d’asseoir la position sociale de la famille, grâce à des visites, des invitations, des bals et les connaissances qu’il fallait absolument avoir. Dans un monde où chaque heure de la journée était réservée à une activité bien précise (“on ne peut rendre visite à quelqu’un avant 14h, et il est très malvenu de partir après 16h”), c’est une préoccupation de tous les instants. 

Toujours est-il qu’Alva Vanderbilt, cette nouvelle riche, avait des ambitions pour elle-même, son mari et ses futurs enfants. Il était hors de question pour elle d’être releguée dans l’ombre. Et pour cela, elle va être capable des plus grandes actions. 

Ce livre m’a totalement transportée! Même si l’auteure a pris quelques libertés (ce qu’elle nous explique dans une note en fin d’ouvrage), elle a fait énormément de recherches pour rester au plus près de l’Histoire. J’ai savouré chaque page, chaque chapitre! Les événements qui s’y déroulent sont intéressants, vraiment détaillés. 

Le hasard a voulu que je visionne durant la même période la nouvelle série télévisée de Julian Fellowes: Gilded Age. Les mêmes personnages, la même époque. Je vous la conseille également, elle est magnifique! J’ai vécu le dernier épisode avec une fameuse émotion, grâce au roman que je venais de lire! Ce roman est un vrai grand coup de coeur pour moi. 

Renée Rosen nous avait déjà régalé d’un autre titre, que j’avais tout autant apprécié. Mais je suis particulièrement ravie qu’elle ait écrit sur l’âge d’or et, surtout, qu’il ait été traduit en français. Je me suis rendue compte en voulant parfaire mon immersion qu’il existe très peu de titres abordant cette période qui ont été traduit. Espérons qu’ils le seront un jour. 

aufildespages

aufildespages chroniqueuse littéraire

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