Ursula K. Le Guin

hommage

“Le mystère est le meilleur artisan du merveilleux.”

1929-2018

Petite biographie

Née à Berkeley, Ursula Kroeber Le Guin est la fille de l’anthropologue Alfred Louis Kroeber et de l’écrivaine Theodora Kroeber. Elle vit à Portland en Oregon depuis 1958. Son intérêt pour la littérature se déclare très tôt puisqu’à onze ans elle soumet déjà une première histoire (refusée) au magazine Astounding Science Fiction. Ses études se déroulent au Radcliffe College, à l’université Columbia à New York puis en France où elle rencontre son mari, Charles Le Guin. 

Carrière littéraire

Elle présente en 1952 une thèse sur Les idées de la mort dans la poésie de Ronsard. Ses premiers écrits ne concernent pas l’histoire fantastique de contrées imaginaires mais ce sont ces derniers qui lui permettront de publier régulièrement à partir des années 1960.Le succès vient avec la publication en 1969 de son roman « La main gauche de la
nuit » qui reçoit de nombreux prix (prix Hugo du meilleur roman et prix Nebula du meilleur roman) et est devenu depuis un des grands classiques de la science-fiction. Ce roman, début d’un cycle intitulé « Le cycle de l’Ekumen », qui comporte six autres ouvrages, brise les schémas de la science-fiction de l’âge d’or.

En tout, elle a écrit vingt romans qui explorent la nature humaine en plaçant l’homme dans des situations et des univers différents. Toute sa vie, elle s’est battue pour que la science-fiction ne soit pas considérée comme un genre mineur.

La plupart de ses écrits de science-fiction se distinguent par l’importance qu’ils accordent aux sciences sociales comme la sociologie ou l’anthropologie. Ses œuvres délivrent souvent un message sur nous-mêmes via l’invention de cultures extraterrestres inhabituelles. 

Ainsi, ses œuvres dans le domaine de la fantasy (Cycle de Terremer) sont beaucoup plus centrés sur la condition humaine que ceux d’autres auteurs comme J. R. R. Tolkien, même s’ils partagent l’idée, propre à de nombreux récits appartenant à ce genre, d’un « vrai roi » qui doit sauver le monde et rétablir la justice.

En 2002, le jury du prix Nebula lui décerne le titre de grand maître de la science-fiction.

Elle a également publié des essais appréciés sur la littérature et des conseils sur l’écriture.

En 2014, elle reçoit le National Book Award pour toute son œuvre, une des distinctions littéraires les plus prestigieuses des États-Unis.

Le cycle de l’Ekumen ou Cycle de Hain

Il est fondé sur le postulat d’une civilisation, originaire de la planète Hain, qui après s’être quasi auto-détruite, a fait de tels progrès intellectuels et moraux qu’elle a révisé son rapport au monde. Le nom « Hain » qui peut se lire « un » ou « haine » est un terme de la symbolique employée par Ursula K. Le Guin.

De même que l’Ekumen, dérivé du terme « écoumène », terme de géographie dérivé du grec « j’habite » / « la maison ».

Le Cycle de l’Ekumen traite de la rencontre entre deux mondes : que se passe-t-il lorsqu’un peuple venu de l’espace souhaite entrer en contact avec les résidents d’une planète ? À partir de ce principe de base très simple, une variation infinie de situations est possible ; cependant, l’Ekumen impose une éthique du transfert de la connaissance : en effet, si une civilisation est parvenue à vaincre le vide spatial, cela suppose une avancée technologique sur le monde visité, et toute précipitation serait risquée. D’ailleurs, les voyages interstellaires s’effectuent à vitesse infra-luminique (respect de la théorie de la relativité oblige) avec des vaisseaux NAFAL (nearly as fast as light), ce qui fait que les envoyés de l’Ekumen sont nécessairement des gents patients, et que l’œuvre « ekuménique » est une entreprise à très long terme. Cependant, il existe la communication instantanée grâce à un dispositif appelé ansible (terme repris ensuite par d’autres auteurs de science-fiction) entre les membres de la « Ligue de Tous les Mondes », ce qui permet une politique galactique. L’objectif de l’Ekumen est simplement le partage libre de la connaissance, sans imposer quoi que ce soit à personne, sauf un minimum de droits de l’Homme et de restrictions de sécurité concernant les armes autorisées en temps de guerre, entre autres. Donc l’apport de la connaissance doit être mûrement réfléchi, avec beaucoup de circonspection, car elle n’est pas sans conséquence sur l’équilibre socio-économique des « indigènes » : toutes les vérités sont bonnes à dire, mais pas dans n’importe quel ordre ni à n’importe quelle vitesse ! Voilà toute la philosophie de l’Ekumen, la sagesse de la patience. Cette trame, franchement originale par rapport au thème des extraterrestres, est une trouvaille de génie, car elle s’efface devant le reste du récit : presque chaque œuvre de ce cycle, que l’on peut lire dans un ordre quelconque, traite de situations que l’on pourrait rencontrer en dehors de la science-fiction, par exemple dans un monde précédant l’époque de sa mondialisation, un monde à l’époque de la colonisation, l’Ekumen étant l’antithèse du principe de la colonisation. On peut signaler trois œuvres particulièrement remarquables de ce cycle : La Main gauche de la nuit, Planète d’exil et Les Dépossédés.

“Il est peut-être agréable qu’un voyage prenne fin mais, finalement, c’est le voyage qui compte.”

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1 Comment

  1. MahaultMots 24/01/2018 23 h 53 min

    J’ai vu la nouvelle de son décès dans l’après-midi aujourd’hui. C’est une écrivaine que j’aime beaucoup, Terremer a été un des grands cycles fantasy de mon adolescence, et plus récemment, j’ai adoré Lavinia. En revanche, je n’ai pas lu Le cycle de Hain mais ce que tu en dis me donne bien envie de m’y pencher.

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